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BANANA SPLIT: un film canadien sur l’industrie bananière

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Savez-vous d’où proviennent vos bananes?  Voici la question que posent les cinéastes (et couple) Ron Harpelle et Kelly Saxberg aux canadiens dans leur film de 2002, Banana Split qui suit l’histoire et les pratiques du United Fruit Company / Chiquita.  Les natifs de Thunder Bay nous montrent une perspective particulièrement canadienne :  le film s’ouvre sur une juxtaposition d’une tempête de neige au Canada avec une plantation bananière au Honduras.  Donc on leur a posé quelques questions…

Comment vous êtes-vous intéressés aux bananes?

Ron :  Je suis professeur d’histoire à l’université Lakehead (à Thunder Bay, Ontario), et j’étudiais la migration de travailleurs des Indes de l’Ouest vers l’Amérique centrale.  Au courant de mes études, j’avais vécu au Costa Rica et avais été témoin des effets de l’industrie bananière.  En 1998, j’ai décroché une bourse du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) pour compiler une chronologie du travail sur les plantations bananières au Honduras et donc…

Kelly :  En octobre 1998, on a mis les enfants dans l’auto, et nous sommes descendus au Honduras (de Thunder Bay!).  Ouais :  ça leur a pris un petit moment avant qu’ils nous fassent confiance pour d’autres voyages en auto….   Je suis cinéaste, donc on travaillait bien en équipe, Ron faisait sa recherche et moi, je tournais le film et faisais le montage.

Banana Split est sorti en 2002.  Comment se passe la vie de ces travailleurs Chiquita maintenant?

Comme on le montre dans notre film, l’Ouragan Mitch a eu un gros impact sur les travailleurs de Chiquita au Honduras.   Essentiellement, 25 ans d’amélioration dans les relations de travail ont été remis à zéro par l’instauration par Chiquita de nouvelles pratiques qui ont à la fois augmenté la charge de travail des travailleurs et les ont isolé les uns des autres.  Au lieu d’être responsable d’un rôle spécifique sur la plantation, les travailleurs sont maintenant en charge de toutes les tâches reliées à une parcelle de la plantation.  Ceci a créé un environnement dans lequel des travailleurs sont plus préoccupés que d’autres ne faisant pas leur part, et les a mis dans une situation compétitive et non collaborative.  Donc même s’il y a eu des gains en production sur leurs nouvelles plantations honduriennes, il n’y a pas eu de partage de ces bénéfices avec les gens marginalisés sur le terrain, et il est devenu plus difficile que jamais pour eux de s’organiser comme ils auraient pu le faire dans le passé.  La production juste-à-temps aura peut-être impliquée plus de femmes, mais moins de travailleurs au total.

Chiquita (et d’autres grandes entreprises) ont aussi commencé à changer leur modèle d’affaires :  ils ont moins de terre à eux, et se fient aux petits producteurs pour leur fournir la quantité nécessaire.  Ceci représente une grande opportunité pour les multinationales, qui mettent le risque du flux de la demande sur le dos des petits producteurs :  ils ferment tout simplement le robinet quand il y a un surplus de bananes.

Sur les plantations costaricaines, la vie s’est améliorée par le fait que les gens ont maintenant accès à l’internet et sont plus au courant de ce qui se passe dans le monde et de leurs droits.  Il reste encore beaucoup de défis :  la paye et l’hébergement inadéquats, ainsi que l’utilisation de produits chimiques sur les plantations, qui tombent aussi sur les communautés avoisinantes.

Comment Chiquita ou Mel-o-Ripe ont réagi au film?  Comment le film a-t-il été reçu ailleurs dans le monde?

Nous avons prévenu Chiquita et la famille Pitoscia que le film sortait, mais n’avons eu aucune réponse de leur part, et nous avons pu comprendre que Mel-o-Ripe n’existe plus.  Pour tous les autres : nous avons fait beaucoup de films ensemble ces vingt dernières années mais Banana Split reste notre « meilleur vendeur ».  Nous l’avons promené en Europe et il a gagné quelques prix, et a été honoré dans plusieurs festivals de film à l’international.  Avec l’aide de l’ACDI, nous avons aussi développé du matériel bilingue (disponible ici en EN et en FR) qui a été utilisé dans les écoles secondaires en Ontario.

Vous gardez un petit espoir pour l’industrie de la banane?

En 2008, nous avons fait un film qui s’appelle « Health for Life » au sujet de Dre Palmira Ventocia, une scientifique péruvienne à l’Université du Pérou à Lima.  Elle a développé une façon de détruire les œufs de maringouin en utilisant des noix de coco – ce qui s’est développé en projet communautaire contre la malaria, mené par de jeunes personnes ainsi sensibilisées à la prévention de cette maladie.  Nous croyons que l’éducation est le meilleur espoir pour notre futur, et la plus grande différence se fera une fois les enfants impliqués.  Ces enfants grandiront pour devenir des adultes qui changeront leurs communautés.

Dans le nord du Pérou, où l’enseignement du Dre Ventocia résonnait très fortement, une génération d’enfants a été élevé en pensant de manière plus scientifique à leur environnement.  Les gens étaient plus ouverts à la production biologique de bananes (parmi d’autres produits) grâce à l’enseignement scientifique qu’ils avaient reçu sur la prévention de la malaria.  Il n’existe pas de bananes conventionnelles au Pérou – que du bio.  Ce choix protège et les producteurs et leurs travailleurs, ainsi que leurs terres.

 

Qu’en pense Equifruit?

Nos valeurs sont dans le commerce équitable pour beaucoup de raisons – mais en voici quelques-unes qui nous différencient des grandes multinationales bananières, tel qu’elles sont décrites ci-haut :

-Contrats à long-terme : Dans le cadre du commerce équitable Fairtrade, nous nous engageons à signer des contrats à long-terme avec nos producteurs pour qu’ils puissent planifier leur production sur l’année.  Ils savent qu’ils auront un revenu stable, ce qui permet aux petits producteurs de demander des prêts et d’investir dans leurs fermes, leurs maisons et leurs communautés.

-Le droit de s’organiser : Les travailleurs sur les fermes certifiées Fairtrade ont le droit de se syndiquer.  Les règles de Fairtrade exigent aussi la prise de décision démocratique et encourage le travail en coopérative.  Equifruit n’achète en ce moment que de coopératives de petits producteurs où ils travaillent ensemble pour améliorer leurs conditions de travail et le rythme de la production.

-Utilisation restreinte de pesticides sur les bananes conventionnelles uniquement : Equifruit vient tout juste de commencer l’importation de bananes conventionnelles Fairtrade pour servir le marché institutionnel au Canada. Malgré le fait que ces bananes ne sont pas bio, il existe des règles très strictes sur l’utilisation de pesticides sur les plantations certifiées sous le commerce équitable Fairtrade.  Il y a une liste restreinte de produits chimiques permis, et leur utilisation est contrôlée de près.  La santé et sécurité des travailleurs est au premier rang pour les produits Fairtrade, qu’elles soient bio ou conventionnelle.


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Comment créer des SUPERALIMENTS bananiers : le compost sur une plantation péruvienne

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En l’honneur du Jour de la Terre, Equifruit s’enfonce dans le monde glamour du… compost.  Et oui !  Le compost est sujet pas mal excitant quand t’es aussi fan que nous de l’agriculture durable.  Et oui ! On s’attend à ce que ce nouveau billet de notre blogue brise l’Internet, parce qu’on sait bien qu’on n’est pas les seuls à vouloir appuyer des initiatives écologiques.

APPBOSA, la coopérative au Pérou avec laquelle on travaille depuis nombreuses années, a développé un programme de compost centralisé.   Marcia Herrero Reto, Directrice Qualité & Certification chez APPBOSA, nous a gentiment aidé à y creuser un peu plus profondément.  Voici donc ses réponses à nos…

5 questions au sujet du compostage de plantes bananières !

  1. Quand est-ce que le programme de compostage a débuté ?  Le projet a-t-il reçu des fonds de la prime sociale Fairtrade ?

Le programme de compostage a débuté en 2006, à peu près.  Au départ, il a été fondé par l’aide de la prime sociale, mais aujourd’hui il est rendu autosuffisant.

  1. Pourriez-vous nous décrire le processus de compostage ?

Une fois la récole terminée, les travailleurs sur les plantations d’Appbosa ramassent le fruit mis au rebut ainsi que les tiges des plantes de bananes, et les amènent au site de production de compost, près des bureaux centraux de la coopérative.  Une équipe de travailleurs coupe ce matériel organique en plus petits morceaux et le transforme en paillis à l’aide d’une machine.  Cette composition de plantes est ensuite mélangée avec les fumiers frais de bétail, moutons et chèvres que la coopérative achète de fermiers locaux.

Ce mélange est ensuite réparti sur des couvertures, en lit formé comme des pyramides de 7m de long, 1,5 m de large et 1m en hauteur.  Le compost doit maintenir au taux d’humidité et sa température est surveillée quotidiennement : sous le soleil chaud péruvien, elle peut dépasser les 55 degrés Celsius !  Le compost doit aussi être tourné de temps à autre, normalement environs 5 fois sur sa production.  Quand le compost est prêt, après plus ou moins 2 mois, il est tamisé, mis en sac et préparé pour la distribution.

  1. Combien de gens sont impliqués dans ce projet ?

La préparation du compost se fait à l’année longue.  Il y a 4 personnes qui y travaillent, tous des employés de la centrale de la coopérative Appbosa.

  1. Est-ce que la production de ce compost rempli la demande de la coopérative ? Devez-vous en acheter des quantités supplémentaires d’autres fournisseurs ?

Puisque la banane se produit à l’année longue, nous avons une quantité constante et nous réussissons à fournir tous nos producteurs.  Dans certains cas, nous vendons d’excédant, mais uniquement à nos partenaires.

  1. Comment distribuez-vous le compost aux membres producteurs de la coopérative ?

Nous suivons une procédure pour l’achat du compost.  Pour chaque caisse de bananes que produit le producteur pour exportation par la coopérative, il déduit 2 soles (approx. 75 cents CAD).  C’est comme un programme d’épargne, et chaque 3 mois, nous évaluons combien chaque producteur aura mis de côté de cette manière.  Nous désignons un montant fixe de compost par hectare, et du montant épargné, les producteurs bénéficient d’un escompte de 10 soles pour chaque sac de compost.  Le solde de leurs épargnes sera ensuite utilisé pour acheter d’autres engrais pour les nutriments nécessaires pour son fruit, tel que le potassium, Sulpomag (un mélange biologique de soufre, potassium et magnésium) ainsi que la phosphorite.

Vous avez d’autres questions pour Marcia ?  Inscrivez-les dans les commentaires ci-dessous et on vous reviendra avec ses réponses !  Entretemps, l’équipe Equifruit vous souhaite un très bon Jour de la Terre !


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